La performance sanitaire et environnementale
des produits commercialisés et des effluents devient un
enjeu de santé publique mais aussi un enjeu économique en
terme de coût et de marché. Dans ce contexte, Vigicell évalue
les effets sur la santé humaine de faibles doses d'agents
chimiques et/ou physiques. Elle dispose d'une plate-forme
globale de bioalertes cellulaires, et propose de nouvelles
applications de biologie cellulaire et moléculaire en toxicologie.
Emanant du CNRS, l'entreprise est née en juin 99 et a été
lauréate du concours création d'entreprise innovante du
Ministère de la Recherche et de la Technologie. La prise
en compte de la problématique de la santé environnementale
grandissant au niveau français, européen et mondial, Vigicell
participe au développement d'un important marché en création.
2005 est l'année charnière qui doit la faire passer du stade
artisanal au stade industriel.
" Notre métier consiste à évaluer les dangers
et des risques sanitaires pour la santé humaine de tout
type de produits qui peuvent entrer en contact avec l'homme,
de manière volontaire, comme les produits consommés, ou
involontaire, comme les polluants environnementaux ", déclare
Jean-Emmanuel Gilbert, Président de Vigicell. Or les outils
traditionnels de la toxicologie, comme par exemple l'expérimentation
sur les animaux, sont peu adaptés aux problèmes que l'on
rencontre aujourd'hui. Il y avait un besoin de développer
de nouveaux outils pour pouvoir étudier ces situations d'exposition
chroniques à des mélanges de faibles doses de stress chimiques
ou physiques. Ce constat a été posé par différents laboratoires
de recherche publique de biologie cellulaire et moléculaire
et, dans les années 90, une équipe du CNRS s'est fortement
impliquée dans ce type de développement, et a donné naissance
à Vigicell, en juin 1999, ce qui lui a valu d'être lauréat
du concours création d'entreprise innovante du Ministère
de la Recherche et de la Technologie.
" Nos clients viennent nous voir avec des
questions, des inquiétudes, sur telle ou telle situation.
Leurs produits ou leurs rejets peuvent éventuellement avoir
un impact sur la santé humaine à terme et ils veulent pouvoir
prendre des décisions et des mesures si nécessaire ". A
partir de ce type de demande Vigicell construit une approche
expérimentale basée sur la batterie de tests qu'elle a développée,
pour étudier dans le détail et dans des conditions très
proches de la réalité la dangerosité de ces situations.
Inversement, les mêmes outils peuvent être utilisés pour
démontrer les effets de protection de produits ou procédés.
Vigicell travaille ainsi sur des thèmes très nouveaux et
très concrets, concernant la vie de tous les jours : emballages
alimentaires, eau potable, produits cosmétiques, alimentaires,
eau industrielle, agents physiques (rayonnements). Les nouveaux
thèmes abordés sont les implants, la santé au travail et
les sites pollués. Elle développe aussi de nouveaux outils
pour étudier la pollution de l'air. L'équipe de biologistes
de Vigicell a développé une série de tests innovants qu'elle
applique aux différentes situations. Elle ne travaille que
sur matériel biologique humain, in vitro, et, dans certains
cas particuliers, in vivo, par exemple en faisant des tests
sur des personnes qui sont déjà exposées (ex. santé au travail).
Pour pouvoir étudier des situations de faibles doses, elle
va se situer très amont, au niveau cellulaire et en étudiant
les premiers signaux qui apparaissent lorsqu'une cellule
est agressée.
Vigicell est confrontée à une double difficulté.
D'une part, le marché sur lequel elle se positionne, est
un marché en création, car la prise en compte des effets
des faibles doses est très récent. Et d'autre part, Vigicell
aborde ce marché avec des outils innovants et doit démontrer
que ses approches expérimentales sont pertinentes et permettent
de répondre à ces nouveaux besoins. Un certain nombre de
laboratoires industriels, en outre, ne sont pas informés
de ces nouvelles possibilités expérimentales, très en amont
de l'approche réglementaire. Vigicell travaille à 80% pour
des grands groupes, 15% pour des institutionnels et le reste
pour des industriels de taille plus modeste. Les grands
groupes ont en effet une visibilité et des moyens plus importants,
qui leur permettent de regarder à cinq ou dix ans et d'intégrer
des approches expérimentales complémentaires à celles rendues
obligatoires par la réglementation. La plupart des clients
et ses thèmes abordés ne sont pas cités pour des raisons
de confidentialité. En revanche, certains sujets vont donner
lieu à publication dans des revues spécialisées.
Vigicell est une société de recherche et
continue par ailleurs à développer de nouvelles approches
expérimentales dans des locaux loués au CNRS à l'institut
André Lwoff, à Villejuif (Val de Marne). A l'origine CNRS,
une licence de savoir-faire permet d'utiliser les travaux
réalisés dans les années 90 notamment par Yolène Thomas,
principale fondatrice de l'entreprise, qui intervient en
tant qu'expert, mais qui reste directeur de recherche au
CNRS. Vigicell a aujourd'hui six salariés plus différents
experts, ce qui fait une équipe d'une dizaine de personnes.
Mais son fonctionnement en réseau démultiplie les moyens
et compétences mis en œuvre. En effet, en plus de ces liens
avec les fondateurs, dès sa création, l'entreprise s'est
structurée sous la forme de réseau. Elle a ainsi un très
grand nombre de collaborations avec des laboratoires publics
(ex. : CNRS, INSERM, CEA, des universités, des hôpitaux,
l'institut Curie) et des entreprises scientifiques spécialisées
dans des domaines complémentaires aux siens, pour pouvoir
augmenter les possibilités d'études.
Vigicell a bénéficié d'une subvention de
1 MF du ministère sur son premier programme de recherche
en 1999. Depuis, elle a reçu des aides plus modestes, de
l'ANVAR (aide à l'embauche) et du CRITT Chimie-Environnement
(PCT). Elle a de plus bénéficié de l'appui de Scientipole
Initiative sous forme de prêts d'honneur, et a obtenu le
soutien d'un fond d'amorçage privé, Sucseed, qui est entré
dans le capital et est devenu un partenaire financier. Le
chiffre d'affaire de l'entreprise a été de 190 k€ en 2004
et devrait être de 450 k€ en 2005 et de 750 k€ en 2006.
La prise en compte de la problématique de la santé environnementale
grandit en effet au niveau français, européen et mondial.
Au niveau européen la nouvelle
réglementation " Reach " génère dès aujourd'hui énormément
de communication et, dans les années à venir, une très forte
augmentation d'analyse de toxicologie est prévue. Vigicell
a des projets importants de développement. Elle essaie de
se positionner au niveau européen et envisage de nouveaux
partenaires financiers et industriels. 2005, est une année
charnière. Pour changer d'échelle en 2006. " Nous sommes
sous-dimensionnés par rapport au potentiel de notre activité.
Il est par exemple nécessaire d'étoffer notre équipe au
niveau commercial, administratif et bien sûr scientifique
". Vigicell se caractérise par la très forte implication
des personnes dans le projet de l'entreprise, très motivant,-
un des facteurs clé de la survie de Vigicell quand elle
s'est trouvée en situation difficile.
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