Teva (1 000 000 d'euros de CA avec une demi-douzaine
de salariés), entreprise spécialisée dans le compostage,
a été créée par Gérard Fontana en 1990. Les débris végétaux,
d'abord broyés puis entassés en andains, fermentent. Un
processus microbiologique aérobie transforme les déchets
verts en compost.
Des sondes mesurent la saturation en oxygène et la température.
Elles informent un système informatique qui commande le
soufflage de l'air pour maintenir de bonnes conditions aérobies.
La saturation en oxygène doit être de l'ordre de 80% pour
ne pas trop assécher le produit. Une température de 55°C
tue les mauvaises herbes et désactive les pesticides. La
température réellement atteinte est de 70 à 80°C à la plupart
des profondeurs. Plus il y a d'oxygène, plus les bactéries
actives de développent, plus la température monte, et moins
il y a d'odeurs gênantes.
À la suite de la tempête de Noël 99, l'entreprise se retrouve
avec une masse de matière première très supérieure aux quantités
habituelles, et un problème d'odeur apparaît. Gérard Fontana
prend alors contact avec Christiane Baumelle, de la Drire
du Val-de-Marne, qui l'oriente vers les aides du Réseau
de Développement Technologique d'Ile-de-France. Dans ce
cadre, il demande à l'Association Régionale Biomasse
Normandie de réaliser un audit de sa plateforme.
L'expert, Dominique Plumail, constate que l'équilibre optimal
entre le carbone (produits ligneux) et l'azote (produits
herbacés) des matières premières n'est pas pris en compte.
Il y a excès d'azote d'avril à juillet, et il faut réaliser
auparavant des stocks tampons pour "réinjecter" alors du
carbone.
Autre amélioration suggérée : sur les 8 andains de l'installation,
faire aérer les 4 premiers par aspiration, et les 4 autres
par soufflage. Jusqu'alors, seul le soufflage était utilisé.
Après la phase d'aspiration, le flux d'air passe dans un
filtre biologique constitué de rejets végétaux. En fin de
soufflage, les 4 derniers andains sont stockés plus loin
et les 4 premiers prennent leur place après retournement.
Biomasse Normandie a également joué un rôle pédagogique
auprès des conducteurs d'engins, dépourvus de formation
scientifique.
À la suite de cette intervention, Teva a résolu
son problème d'odeurs et maîtrise mieux le processus de
fermentation.
Actuellement, Gérard Fontana prévoit de doubler la surface
de l'exploitation qui doit passer de 12000 à 25000 m2.
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