L'entreprise H. Chevalier SA du secteur
du bâtiment emploie 90 personnes, en maçonnerie de réhabilitation
d'immeubles, et dans le secteur de la pierre de taille,
restauration de monuments historiques. Parmi ses 50 tailleurs
de pierre, il y a ceux qui taillent la pierre en atelier
et ceux qui posent la pierre sur chantier. La restauration
des monuments historiques a une image traditionnelle, de
savoir faire manuel assez ancien. La nécessité de se diversifier
vers la taille de pierre à façon a cependant conduit le
directeur d'exploitation Louis-Joseph Lamborot a réfléchir
à la mécanisation de sa profession. C'est ainsi qu'il adapte
les logiciels de mécanique au monde de la pierre. Sa rencontre
avec un professeur du lycée Edouard Branly de Creteil lui
a permis de mettre au point une formation de ses hommes
à la manipulation d'une fraiseuse à commande numérique.
Le personnel, 90 personnes de H.Chevalier
SA se partage entre une activité maçonnerie de réhabilitation
d'immeubles, et le secteur pierre de taille qui travaille
principalement à la restauration de monuments historiques.
Celle-ci a gardé une image traditionnelle de savoir-faire
ancien et manuel. La mécanisation de la taille de la pierre
y est cependant présente et réalisée dans l'atelier entre
autres par des débiteuses, machines à couper la pierre.
Responsable de l'entité taille de pierre en atelier,le directeur
d'exploitation, Louis-Joseph Lamborot explique comment,
alors qu'il travaille dans une entreprise très traditionnelle,
au fonctionnement très artisanal, "beaucoup de main d'œuvre
et peu d'outillage", il en est venu à contacter le CRITT
Meca.
"Nous sommes 25 personnes. Mon souci principal est de trouver
une activité à ces tailleurs de pierre, pour que mon atelier
tourne." Or l'activité dépend à 99% du secteur des monuments
historiques et indirectement les crédits d'état des affaires
culturelles qui sont très cycliques. En l'espace de six
mois, 40% de votre activité peut se trouver supprimée. "Pour
garder cet atelier en vie, il me fallait trouver d'autres
débouchés. J'ai pensé à la taille de pierre à façon, à l'export,
sur des chantiers à l'étranger, principalement aux Etats
Unis, où il y a des fous de pierre et au Japon. On travaille
sur plans, les pierres partent dans des containers. Cette
activité, commencée il y a deux ans, représente pour l'instant
15 à 20% de notre activité. Je souhaite la développer. Pour
ce faire, il faut trouver des solutions mécaniques pour
rendre la pierre de Paris moins cher et toucher de cette
manière une clientèle moins haut de gamme. Cette volonté
de mécaniser pour vendre la pierre moins cher m'a amené
à réfléchir pour adapter les fraises à commande numérique
de la mécanique au monde de la pierre. En Italie, il existe
une utilisation de ces fraises. En France, pas de société
spécialisée. C'est dans ce cadre que j'ai sollicité le CRITT
Meca, et rencontré Bruno Toueix, professeur au lycée Edouard
Branly de Créteil, qui forme des jeunes à la pratique des
machines à commande numérique . Il a développé pour nous
une formation d'une semaine. Une partie de la formation
a été subventionnée par le CRITT Meca. Il existe également
chez nous le projet d'embaucher à terme un élève de l'école."
La fraise coûte 400.000 euros. C'est une fraise à portique
qui peut usiner de très grandes dimensions, 3m50 sur 2m20,
avec une précision moins grande qu'en mécanique. L'achat
définitif de la machine est lié à un redémarrage des activités,
actuellement en récession. "On va terminer le Pont Neuf
sur trois ans. Il suffit de déclencher un autre gros chantier
et le projet pourra démarrer. "
Faisant un travail haut de gamme, complexe,
Louis-Joseph Lamborot a besoin de maîtriser la commande
numérique d'une manière très pointue. "J'adapte la mécanique
à la pierre. J'ai acquis des logiciels de parcours d'outils
issus de la mécanique. Inutile en effet comme l'ont fait
certains grands concurrents de créer des produits spécifiques.
Les programmes sont adaptables dans notre domaine."
L'atelier dessine en 3D. Avec Autocad, il utilise Inventor
d'Autodesk qui est un logiciel de mécanique, et Mastercam
pour la fabrication.
Il y aura toujours la main de l'homme pour la restauration
des monuments. Le métier évolue cependant dans le sens d'une
lente mécanisation. Cette tendance serait d'autant plus
bénéfique qu'elle permettrait de rééquilibrer la part de
la pierre par rapport à celle du béton.
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