Bruno Demory n'est pas né dans l'étiquette adhésive.
Il a été longtemps banquier avant de décider à cinquante
ans d'acheter une entreprise. Il est devenu alors en 1992
le repreneur d'une petite entreprise d'étiquettes adhésives
née en 1967 qui s'appelait déjà Fleuret. Située dans le
10ème arrondissement de Paris, elle
travaillait avec un matériel peu évolué pour le petit commerce,
fleuristes, pâtissiers, bijoutiers. Petit à petit, Bruno
Demory a reconstruit la société, il s'est chargé d'investir
dans des matériels plus performants et a abandonné progressivement
le petit commerce pour une clientèle de sociétés plus importantes
dans la communication, le cosmétique, etc..
Fleuret emménageait au Cap 18, zone industrielle
dans Paris intra muros en 1996. Cela fut une très bonne
décision de rester dans Paris. Les centres de décision sont
parisiens. Les gens de marketing mettent au point les étiquettes
avec l'imprimeur et ils peuvent se déplacer facilement chez
Fleuret.
Petit à petit, l'image de Fleuret changeait, de moins en
moins artisanale, de plus en plus autonome, faisant elle-même
ses clichés et ses films. Un grand pas fut franchi avec
la certification ISO 9001 version 2000, fondée sur le principe
de l'amélioration permanente de la satisfaction du client.
Ce travail a pris deux ans - coûteux, long, exigeant, mais
très positif sur le personnel parce qu'on fait de la formation.
"Aujourd'hui, en raison de la très forte concurrence sur
les produits standards, nous sommes crédibles auprès des
entreprises qui ont un haut niveau d'exigence de qualité",
déclare Bruno Demory.
Fleuret a toujours joué sur la différenciation par rapport
à la concurrence. Pour son PDG, l'avance, c'est d'abord
d'avoir un matériel très moderne. En sept ans, 3 millions
d'euros ont été investis. L'entreprise a été aidée par le
fonds régional d'Ile de France pour acquérir le matériel.
Fleuret est une des rares entreprises en France dans l'étiquette
adhésive à avoir une machine d'impression numérique. Paradoxalement,
le numérique lui a permis de développer son activité avec
ses machines traditionnelles. Le numérique vient en plus
pour apporter des solutions à des besoins qui ne sont pas
encore exprimés par les clients. Pour réussir l'implantation
du numérique dans l'entreprise, l'accent a été mis sur la
formation à l'informatique et à l'anglais. L'entreprise
dépense près de 6% de sa masse salariale en formation.
Jusqu'à maintenant, on imprimait essentiellement sur du papier,
mais de plus en plus, on travaille sur des matériaux nouveaux
de la famille des polymères, polyéthylène, polypropylène,
polyester, polycarbonate, polystyrène, tous recyclables.
Fleuret, en outre, a créé un laboratoire en interne, pour
faire les tests elle-même sur les matériaux, étudier les
compatibilités, améliorer la résistance des produits, faire
des mesures, répondre le plus parfaitement possible aux
cahiers des charges. Ce laboratoire est plutôt une charge,
mais c'est pour elle la manière de savoir comment optimiser
ses fabrications. Il y a à terme une amélioration de la
satisfaction du client.
Fleuret fait de la veille technologique par l'intermédiaire d'un ingénieur qui a été recruté avec
une aide ANVAR. Celui-ci a des relations avec des
fournisseurs dans le monde entier. Il est docteur en chimie
et à même d'améliorer les produits. Fleuret s'intéresse
non seulement à la qualité de l'impression, mais au support
de l'étiquette lui-même. L'entreprise travaille en particulier
sur des techniques qui permettront de mettre des étiquettes
là où ce n'est pas possible en principe aujourd'hui. Un
brevet de savoir-faire a été déposé par l'intermédiaire
d'une Prestation Technologique Réseau, montée par l'ANVAR,
et une aide ATOUT obtenue de la DRIRE. Ce travail
de recherche lui a permis d'avoir des retombées collatérales.
"Les entreprises françaises ne font pas assez de recherche,
" affirme Bruno Demory. "Il faut apporter des solutions
auxquelles le client ne pense pas. L'avenir de la PME passe
par cet investissement dans le futur, pas seulement en machines
présentes."
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