Une étude de marché subventionnée par l'ANVAR
a montré qu'en France 80% des entreprises victimes de contrefaçons
informatiques n'allaient pas au contentieux parce qu'elles
considéraient qu'elles n'auraient pas les moyens de prouver
la contrefaçon. Voilà ce que veut changer Esalab, European
Software Analysis Laboratory. L'entreprise créée le 1er
octobre 2004 intervient principalement dans des contextes
contentieux, pré-contentieux, ou en conseil pour la prévention
des situations litigieuses mettant en cause des systèmes
informatiques. Sans concurrence, Esalab, jeune entreprise
innovante bénéficie du soutien de l'ANVAR et de la Région
Ile de France.
" Nous sommes un laboratoire d'analyse
informatique. Nous produisons - dans le cadre de litiges,
de sinistres, de contentieux judiciaires - des analyses
techniques pour en matérialiser les preuves et mettre en
évidence leurs causes. Ceci est notre métier de base. Nous
faisons également du conseil, pour prévenir les risques
liés à l'informatique " explique Jean-Pierre Bigot, Président,
expert spécialisé en informatique, ingénieur Centrale Lille
- 1981, Institut de l'Expertise - 2002. Premier laboratoire
de ce type, Esalab poursuit des investissements importants
afin de disposer d'outils dédiés, spécialisés et novateurs.
Dans le domaine de la contrefaçon des logiciels, il est
très difficile de détecter les similitudes entre logiciel
original et logiciel contrefait, particulièrement dans le
cas d'améliorations, d'évolutions ou de maquillage du logiciel
original. Cela demande une démarche et des outils logiciels
pour comparer.
Tout cela n'existait pas jusqu'à présent. Constatant cette
carence, Jean-Pierre Bigot a imaginé une solution en collaboration
avec l'Institut Gaspard Monge, le centre de recherche en
informatique de l'Université de Marne la Vallée qui est
à la pointe de l'algorithmie et des traitements des langages,
et l'a proposée à l'Anvar. " C'est un sujet complètement
nouveau qui correspondait vraiment à un besoin. Nous avons
créé l'entreprise et rencontrons un réel succès. On a eu
rapidement pas mal d'affaires. Notre produit est à présent
opérationnel et nous l'améliorons sans cesse pour répondre
aux contextes techniques les plus divers de nos premiers
clients - affaires privées, affaires judiciaires, avocats,
juges, experts. "
L'atelier logiciel SIMILE, que conçoit et développe EsaLab,
est à la fois une méthodologie et un outil lui permettant
d'effectuer l'analyse comparative des logiciels selon deux
étapes. Le pré-diagnostic, SIMILE.DIAG, permet de cerner
une première évaluation de l'étendue et de la nature des
similitudes, avant que ne soient engagées des investigations
complètes et plus coûteuses, et éventuellement de forfaitiser
le budget d'une comparaison complète des codes. Cette dernière,
SIMILE.COMP, consiste à modéliser les codes observés, analyser
leurs structures et procéder à des comparaisons littérales,
syntaxiques ou sémantiques, et enfin, produire un rapport
conforme aux besoins du juge et des parties.
L'entreprise a été créée avec l'aide de l'Anvar et de la
Région Ile-de-France. L'Anvar apporte une aide à l'embauche,
et une avance remboursable. La Région finance les études
que Esalab confie au laboratoire de recherche, avec un premier
PCT, et prochainement d'une ARITT faisabilité. Troisième
aide non négligeable, l'entreprise est lauréate de Scientipole
Initiative, organisme attribuant des prêts d'honneur aux
porteurs de projets technologiques. Scientipole s'appuie
sur un ensemble de partenaires parmi lesquels : des écoles
d'ingénieurs (Polytechnique et Supelec), des universités
(Paris Sud et Versailles-Saint-Quentin), des organismes
de recherche, (CEA, ONERA) et des entreprises, (Technicatome,
France Télécom, EDF, EADS, Thales...) avec lesquels Esalab
développe des collaborations scientifiques et techniques.
" Parce que nous sommes fortement innovants, nous avons
besoin d'être présents dans un environnement scientifique
de très bon niveau. Nous aurons besoin en permanence de
faire appel à des laboratoires de recherche, pour conserver
notre avance. C'est une course permanente. On ne cessera
jamais d'améliorer le logiciel. Nous devons être de plus
en plus efficace, par exemple pour détecter des similitudes
même à partir des codes objets ".
Une place attend Esalab à la pépinière
d'entreprise de Gif-sur-Yvette. L'entreprise s'agrandit
rapidement : avec pour l'instant 3 personnes, 4 à la fin
de l'année, l'équipe s'élèvera à une bonne dizaine de personnes
et probablement plus en développant des activités de conseil
d'ici deux ans. " Nous serons très internationaux. Ma première
facture est partie pour le New Jersey. Notre marché est
international, et de nombreux conflits de propriété intellectuelle
sont transnationaux. Nous avons d'ores et déjà des correspondants
aux Etats Unis et en Chine. " Avec les logiciels d'Esalab
on peut évaluer les chances de succès d'un procès. Une première
évaluation, permet au client de savoir où il met les pieds,
quelles chances de succès il a, combien ça va coûter. Une
fois qu'il décide de défendre ses droits en justice, il
lui faut pouvoir apporter une preuve qui soit auditable,
lisible, compréhensible, et donc admise par le juge et l'expert.
" Nous n'avons aucun concurrent. Aux USA, je n'ai pas trouvé
d'outillage, mais uniquement une méthode, AFC-Test, qui
constitue un raisonnement permettant d'aborder la comparaison
des logiciels, et qui fait jurisprudence. Nous avons donc
pris soin d'en être compatible pour pouvoir opérer aux USA.
Ce sont des enjeux parfois très importants. On nous confie
d'établir de façon solide et claire les éléments techniques
d'un litige. Nous apportons une sécurité juridique aux entreprises.
"
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