Incubateur public, Agoranov découle
de la loi sur l'innovation de 1999. Il a été créé en 2000
par 4 membres fondateurs, les universités Pierre et Marie
Curie (Paris VI), Paris Dauphine (Paris IX), l'Ecole Normale
Supérieure et l'association Paristech qui regroupe les grandes
écoles d'ingénieurs de Paris. Sa mission est de valoriser
la recherche publique, et faciliter le passage entre l'industrie
et la recherche, en aidant les chercheurs et ingénieurs
porteurs de projets. Le centre est organisé en trois pôles
sectoriels, TIC, sciences de la vie, technologies de l'ingénieur.
A ce jour, 58 projets ont été incubés représentant tous
les secteurs technologiques. 37 sociétés et 150 emplois
ont été créés. Agoranov est financé par le Ministère de
la Recherche, par la Mairie de Paris, la région Ile de France
et la DRIRE.
Quand un projet lui arrive, l'équipe interne
reçoit le projet, le fait expertiser et le présente devant
le comité des experts. In fine, le comité de sélection est
en fait le conseil d'administration composé de deux membres
par établissement fondateur qui rend l'avis final. Une convention
d'incubation est signée initialement sur une période de
six mois. L'incubateur aide à différents niveaux, de la
finalisation de la technologie, aux aspects des marchés,
levées de fonds, coaching, formation. "C'est un accompagnement
à la carte. Pas de programme préfabriqué, nous faisons du
sur mesure", note Pascale Géry, adjointe au directeur. 58
conventions ont été signées depuis octobre 2000. Chaque
projet reste entre 12 et 18 mois au sein de l'incubateur
qui en suit 25 en simultané. Il peut en héberger 15 sur
25. Agoranov met à la disposition des projets une enveloppe
financière qui permet de financer une étude de marché, une
étude pré-industrielle, que le projet rembourse uniquement
en cas de succès. L'enveloppe financière varie en fonction
du temps d'incubation et du besoin des projets.
Agoranov aide la plupart des projets à
se présenter au concours du Ministère. Cette année trois
d'entre eux ont remporté des prix en création développement.
Haliaetus a été primé. Ce projet commercialise des sources
sonores haute résolution. Issu du Laboratoire d'Acoustique
Musicale de Paris VI, il repousse les limites physiques
des enceintes acoustiques en supprimant les turbulences
aérodynamiques, à partir de technologies issues de l'aérospatial.
Haliaetus a reçu le 2ème prix spécial du Concours National
d'Aide à la Création d'Entreprises de Technologies Innovantes
en 2004. Un autre prix est allé au projet Corail d'optimisation
de réseau qui utilise des agents intelligents. Un troisième
prix, enfin, à Emulsar, projet porté par un centralien,
qui développe des machines à fabriquer des émulsions ultra-fines.
La société Realeyes3D a bénéficié quant à elle en 2003 d'une
levée de fonds de 3 M d'euros. L'entreprise est spécialisée
dans les technologies d'analyse d'image appliquée à la téléphonie
mobile. Realeyes3D a été lauréate du Concours Ministère
de la Recherche en 2001 et 2002 et a réuni son premier tour
de table autour des fonds T-source, Siemens Mobile Acceleration
et Partech International. Deux autres sociétés, Cryolog
et Xistos, ont également réalisé des levées de fonds. Cryolog
(2,1 M euros) développe un système breveté pour lutter contre
les ruptures de la chaîne du froid. Cryolog a reçu de nombreux
prix dont le Trophée du Comité de sélection de Capital-IT
2003 et le 1er prix du concours Tremplin Entreprises 2002.
Xistos (300 000 euros), développe un logiciel de simulation
et prévention des risques naturels.
50% des projets retenus par Agoranov tournent
autour des TIC, 25% des sciences de la vie, 25%, des technologies
de l'ingénieur. En sciences de la vie, il y a des projets
très différents, note Sabine Violette, chargée d'affaires
Sciences de la Vie, "du développement de molécules avec
des anticorps monoclonaux, à l'instrumentation (diagnostic
non invasif ), de sujets à la fois secteur TIC et sciences
de la vie, jusqu'à MCL (Molecular Cytogenetics Labs), qui
utilise une puce de diagnostic pour détecter les retards
mentaux au niveau fœtal." Au total, "Ce brassage de culture
fait la valeur ajoutée d'une structure comme la nôtre",
affirme Pascale Géry. " On organise des sessions de formation
plutôt généralistes ainsi que des petits déjeuners sectoriels."
L'équipe de Jean-Michel Dalle, directeur,
est composée de Pascale Géry, adjointe, et 3 chargés d'affaires.
Il y a une assistante. Des stagiaires viennent en renfort.
5 à 6 personnes en permanence suivent 25 projets en simultané.
La manière dont l'équipe est organisée à ce jour fait qu'elle
a un échantillon de compétences complémentaires, ingénieurs,
docteurs, juristes, expériences d'autres incubateurs. A
ce jour seulement 5 échecs, 2 abandons de projet et 3 dépôts
de bilan sur 58 projets accueillis . "On ne s'attribue pas
le succès des projets, mais la valeur ajoutée de l'incubateur
c'est de pouvoir accélérer le processus, en leur évitant
de commettre des erreurs. On peut les conseiller en fonction
de l'expérience des uns et des autres,"déclare Pascale Géry.
Sortis de l'incubateur, la plupart des "anciens" le sollicitent
pour avoir son avis, ses conseils, de façon informelle.
Agoranov fait partie de France Incubation,
réseau français des incubateurs publics. Il est en relation
au niveau Ile de France, avec les autres structures d'incubation,
et travaille en bonne intelligence avec ses collègues. "Nous
essayons de faire que le projet soit dirigé vers la structure
qui lui apporte le plus."
Avec un fort caractère innovant, le lien avec la recherche
peut se faire dans les deux sens : un chercheur qui souhaite
valoriser son travail de laboratoire, un ingénieur qui cherche
un laboratoire qui puisse l'épauler. Symeris, par exemple,
dans le domaine de la gestion des risques des produits bancaires
a été mis en relation avec un laboratoire d'une école d'ingénieurs.
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